Les abeilles

Des ruches à Tarbes

Installer des ruches en milieu urbain, une idée qui peut paraître pour le moins étrange. Et pourtant, ce sont bien les apiculteurs qui les premiers en ont fait la demande à Gérard Trémège, Maire de Tarbes, avec des arguments plutôt convaincants.

En effet, ces dernières années, suite aux efforts déployés en matière de protection de l’environnement et notre grand prix national du fleurissement, le milieu urbain tarbais est devenu un havre naturel très favorable aux abeilles.

Biodiversité supérieure en ville qu’à la campagne, peu de produits phytosanitaires et d’insecticides, lutte contre le frelon asiatique, vols de ruches plus compliqués… autant d’éléments qui séduisent les apiculteurs.

Et c’est donc en accord avec les textes des services vétérinaires que depuis le mois de mai 2010, des ruches ont été disposées dans différentes zones de verdure en centre urbain. Ce qui correspond de fait à l’obtention d’un véritable label écologique, puisque les abeilles appelées également «sentinelles environnementales» sont les garantes d’un milieu urbain d’excellente qualité.

Depuis plusieurs années maintenant, la Mairie a successivement installée des ruches dans différents lieux de la ville. Elles ont tout d'abord été mises sur le toit du conservatoire Henri Duparc en 2010, mais malheureusement des attaques massives de frelons asiatiques ont contraint à leur déplacement vers le parc Chastellain jusqu'en 2014. En 2015 et 2016 elles ont été placées respectivement sur la terrasse du Musée Massey et aux abords de l'Adour dans le quartier de l'Arsenal.

En avril 2017, ce sont douze ruches, comprenant chacune entre 20 000 et 25 000 pensionnaires, qui ont séjourné jusqu'à la fin du mois de juin dans l'espace verdoyant et floral du haras de Tarbes où les abeilles, dotées d'une facilité d'adaptation à leur environnement, ont rapidement pris leur marque.

Chacune des ruches abrite maximum 30 000 abeilles qui vont pouvoir profiter directement de la floraison des tilleuls, des différents parcs de la ville, des allées Leclerc et aussi de diverses essences venant de bien plus loin encore. Et oui, une abeille peut aller butiner jusqu’à 1,5 kilomètres de sa ruche !

Ce sont au total environ 120 kilogrammes de « miel de Tarbes » qui sont récoltés chaque année et distribués aux enfants des écoles sensibilisés à cette action : son objectif est de leur faire découvrir le travail des abeilles, l’intérêt de leur présence et bien sûr le produit lui-même. Ils apprennent ainsi que l’abeille domestique ou «apis mellifera» est aussi un pollinisateur qui participe à la reproduction des plantes, qu’une abeille peut visiter 250 fleurs en 1 heure et que pour faire un 1 kilo de miel il faut 5 à 6 millions de fleurs.

Cette opération est mise en place par les services Développement Durable et Hygiène et Santé de la Ville en partenariat avec Jean-Luc Parinet, président du Syndicat départemental des apiculteurs.

La surveillance de ces ruches est essentielle et la présence éventuelle du frelon asiatique entraînerait aussitôt la mise en place de pièges sous forme d’appâts : suite à des essais, il semblerait que les «bouillettes» parfumées à base de protéines de poissons et de mûres soient très appréciés par les frelons et que les messages olfactifs et gustatifs qu’elles envoient les détourneraient des abeilles. 

A noter qu'en mars 2015, une réunion d'information a été organisée à l'Hôtel de Ville concernant l'opération de lutte contre les frelons asiatiques : les Tarbais ont été appelés à installer des pièges à frelons dans leur jardin durant 1 à 2 mois au cours desquels ils ont effectué des relevés hebdomadaires. Au terme de cette opération, l'Observatoire du Frelon Asiatique a récupéré les fiches de relevés ainsi que les pièges pour établir un bilan et ainsi peut être trouver une solution à la prolifération du frelon asiatique.

Hôtel à insectes

En plus de la pose de pièges à phéromones contre les limaces et les frelons asiatiques, un hôtel à insectes a été mis en place dans le Jardin Massey. 

Il favorise l'utilisation d'insectes "auxiliaires" en hébergeant ces précieux alliés de la lutte contre les puçerons et autres espèces nuisibles.