L'abattoir de Tarbes

L’abattoir de Tarbes a été construit en 1987, sur un emplacement de 18 000m² dans la zone de Bastillac. Il est devenu opérationnel fin novembre 1989. En juin 2010, pour lui permettre de continuer son activité, une Société d’Economie Mixte a été créée dans laquelle la Mairie est majoritaire. Aujourd’hui, la gestion est confiée à une société privée. Le point sur ce changement.

Un constat

« Quand on prend en considération la situation des abattoirs de moyenne importance, c’est-à-dire ceux qui ont entre 6 et 9000 tonnes d’abattage par an, on s’aperçoit de leurs difficultés pour atteindre un équilibre financier. C’est ce qui a conduit, en deux décennies, à la fermeture des abattoirs de Toulouse, Agen, Albi, Cahors et Foix. L’ancienne municipalité tarbaise en a décidé autrement. Celui de Tarbes, pourtant dans cette fourchette avec ses 8000 tonnes d’abattage a continué de fonctionner malgré un déficit de 700.000 euros payé par le contribuable… » JF Calvo

Une situation problématique pour Gérard Trémège, qui, en arrivant à la Mairie en 2001, a été amené à réfléchir au problème de cet abattoir chroniquement déficitaire. Il s’est interrogé sur la pertinence pour la municipalité d’en continuer l’exploitation. Après réflexion, il a décidé de moderniser l’outil de travail et de mener une gestion plus rigoureuse qui a permis de maintenir le budget en équilibre.
Mais aujourd’hui, l’abattoir a plus de vingt ans, des travaux urgents sont nécessaires dans la rénovation du matériel. En effet, en 2010, les services vétérinaires préfectoraux ont demandé de le mettre aux normes : après évaluation, 3 millions d'euros de travaux doivent être effectués sous peine de voir l’établissement déclassé en catégorie 3, c’est-à-dire de perdre l’agrément européen d’exportation, ce qui entraînerait alors, à court terme, sa fermeture. L’équilibre budgétaire devient donc précaire.

Assurer la pérennité de l’abattoir

JF Calvo : « De tels travaux allaient remettre l’abattoir en déficit… Or il n’est pas une prérogative municipale et il n’appartient pas aux contribuables d’en payer le fonctionnement. Il fallait trouver une solution car nous disposions d’un personnel dévoué et compétent et notre souci était de maintenir les 32 emplois ! »

L’opportunité Arcadie

Le groupe Arcadie Sud-Ouest, dont le siège est à Rodez, souhaitait poursuivre son expansion. Positionné sur l’ensemble de la filière viande (abattage de bovins, veaux, porcs et ovins), il était désireux de s’implanter sur l’axe Bayonne-Toulouse : il s’intéressait à l’abattoir tarbais depuis fin 2009 car sa position géographique lui permettait de se développer comme il le souhaitait. Après de nombreux contacts a été créée, en juin 2010 la SEMLAT (Société d’Economie Mixte Locale de l’Abattoir de Tarbes), une société dans laquelle la Mairie est majoritaire et le Maire président.

Le 2 mars 2012, cette SEM, propriétaire de l’abattoir, en a confié par bail la gestion à la SOGEAT (Société de Gestion de l’Abattoir de Tarbes), filiale à 100% d’Arcadie Sud-Ouest et à son directeur Yannick Guillon. Les huit agents sous statut fonction publique ont choisi de ne pas poursuivre et ont demandé leur intégration dans les services municipaux. Les 23 autres salariés de droit privé ont conservé leur emploi dans la nouvelle structure. A leur demande, Gérard Trémège a accepté qu’ils puissent continuer de bénéficier pendant trois ans du COS (comité d’entreprise municipal) financé par la Mairie, qui organise des festivités, propose des bons de réductions, des séjours vacances à prix réduits.

Un avenir pour l’abattoir

JF Calvo : « La SOGEAT compte doubler la production, ce qui sera générateur d’embauches ! Le Porc noir restera au cœur de l’abattage, à côté des bovins. Quant aux ovins, ils seront abattus avec quelques bovins sur Bagnères, ce qui confortera la pérennité de leur abattoir. »

 
Signature par Gérard Trémège, Maire de Tarbes et Pierre Varigas, Directeur Général d’Arcadie Sud-Ouest, de l’acte de vente entre la ville de Tarbes et la SEMLAT, du bail commercial et de la promesse de vente entre la SEMLAT et la SOGEAT (filiale à 100% d’Arcadie Sud-Ouest) le vendredi 2 mars 2012.

Mais qui est Arcadie Sud-Ouest ?

Créé en 1992, le siège d’Arcadie Sud-Ouest est basé dans l’Aveyron à Rodez. Les coopératives Lur Berri, Unicor, La Capel, Synergie et SHBV sont détentrices de l’ensemble du capital du groupe.
Acteur majeur du grand Sud-Ouest et au-delà, Arcadie maîtrise toutes les étapes de la filière : élevage, abattage, découpe et logistique.

Récemment, Arcadie Sud-Ouest est entré dans le capital du groupe Spanghero, partenariat qui permet de créer un groupe régional dans les métiers de l’abattage, de la découpe et de la transformation des viandes, leader dans le grand Sud de la France. Cette société, qui génère 500 millions de chiffre d’affaires, emploie 1300 personnes. Sa force réside dans son actionnariat composé de coopératives d’éleveurs proches des sites et qui leur apportent la matière première qu’ils se chargent de valoriser. Elle est leader de l’abattage multi espèces : en 2011, les volumes d’abattages par espèces ont été de 190 000 gros bovins, 370 000 porcs, 550 000 ovins et 65 000 veaux.

Ses principaux clients sont les grossistes, les grandes et moyennes surfaces, les boucheries-charcuteries, l’industrie agro-alimentaire, la restauration…

L’implantation d’Arcadie dans le grand Sud se présente ainsi : Rodez, Sainte Geneviève, Toulouse, Auch, Castelnaudary, Montauban, Cahors, Gramat, Périgueux, Thiviers, Brive, Ribérac, Bergerac, Villenave d’Ornon, Mont de Marsan, Anglet, Saint Palais et Tarbes. 

Composition de la SEM, qui a transféré le 2 mars, la gestion de l’abattoir à la SOGEAT sur la base d’un bail commercial : Ville de Tarbes (majoritaire), CCI, Chambre des métiers, Chambre d’agriculture, Crédit Agricole Pyrénées-Gascogne, Banque occitane, Sica-Pyrénées, Arcadie Sud-Ouest, Coopérative des Gaves, Porc noir de Bigorre et Adelpy. 

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