Exposition André KERTESZ

Le monde d'André Kertész

 

Du 4 juillet au 20 septembre 2020
Sur les grilles du Jardin Massey, Rue André Fourcade, Tarbes

« Quoi que nous ayons fait, Kertész l’a fait le premier »
Henri Cartier Bresson

 

Cet été « Le monde d’André Kertész » est à découvrir du 4 juillet au 20 septembre sur les grilles du jardin Massey – rue André Fourcade.

Cette exposition de plein air est le fruit de la collaboration renouvelée avec les Estivales de la photo 65 – festival de photographie des Hautes-Pyrénées – et la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine - gestionnaire de l’oeuvre de l’artiste. Cette même collaboration avait permis d’offrir aux tarbais l’an dernier un hommage au célèbre photographe français Willy Ronis.

Visionnez la vidéo de présentation de l'exposition Kertész >>

 

André Kertész (1894-1985), d’origine hongroise et naturalisé américain, est certes moins connu du grand public que son homologue français, mais n’en demeure pas moins une figure incontournable du paysage de la photographie du XXe siècle.
Les six tirages de cette exposition ont été choisis pour illustrer, dans un parcours chronologique, la vie et l’oeuvre de l’artiste pour un voyage entre Hongrie, France, Etats-Unis ; photoreportage, portraits et abstraction.

Nageur sous l’eau, Hongrie 1917
©Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN / André Kertész

 

 

« Mon anglais est mauvais.
Mon français est mauvais.
La photographie est ma seule langue ».
André Kertész

Par cette citation, on comprend le rôle primordial qu’a joué la photo dans la vie de Kertész. Véritable élément de discours, il considérait son travail comme « un journal intime visuel » qui, pareil à l’écriture, décrivait sa vie et le monde qui l’entourait.

La première page de ce journal intime s’ouvre en Hongrie en 1912, lorsqu’André Kertész alors âgé de 18 ans acquiert son premier appareil photo.

En 1914, enrôlé dans l’armée austro-hongroise, il capture avec cet appareil les coulisses de la grande guerre. Alors que les photographes hongrois de cette époque sont fortement influencés par l’art pictural, Kertész se démarque par une approche plus réaliste et un style se rapprochant du photojournalisme. Son oeuvre la plus célèbre de cette période est Nageur sous l’eau. L’image, déformée par l’eau inspirera Kertész pour ses Distorsions au début des années 30. Jusqu’à son départ pour la France il immortalise ainsi les scènes du quotidiens et le paysage de sa Hongrie natale.

Après la chute de l’empire Austro-hongrois, Kertész part pour Paris où il va se rapprocher du milieu artistique d’avant-garde, des surréalistes et des dadaïstes. Il restera cependant indépendant et n’adhérera à aucun mouvement. Il fréquente Brassaï, Mondrian ou encore Colette, dont il fera les portraits. Il y associe souvent des objets qui semblent se trouver là par hasard, mais dont la force allusive tend à singulariser chaque portrait, au point que les objets prennent parfois le dessus sur l’humain, comme en 1926 avec Les lunettes et la pipe de Mondrian.

©Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN / André Kertész

 

Il ne cesse aussi d’expérimenter des techniques et formes d’expressions nouvelles.

Toujours à l’affût de cadrages singuliers, de points de vues surprenants, il concentre son travail sur les ombres et la perspective. Ombres d’objets, de passants, ombres coupées de leurs modèles, elles prennent vie comme des formes autonomes. Kertész traque les lignes ou les traces : chaises en métal dans les parcs, reflets dans une façade, une surface polie ou une ondulation de l’eau d’une flaque. 

Le peintre d’ombres, 1926
©Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN / André Kertész

Chaises au Jardin du Luxembourg, 1925
©Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN / André Kertész

Après avoir travaillé sur les déformations optiques et les projections d’ombres, André Kertész, toujours à la recherche d’images insolites, produit une série de nus distordus, plus connue sous le nom de Distorsions.

Distorsion n°92, 1932-1933
©Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN / André Kertész

C’est en studio qu’il réalise cette série où les modèles féminins posent devant des miroirs déformants donnant naissance à des tirages noirs et blancs qui ne sont pas sans rappeler les métamorphoses surréalistes.

L’audace de Kertész ne suscite pas à l’époque beaucoup d’intérêt, ce n’est qu’en 1976 que cent vingt de ces images, sur les deux cents plaques de verre réalisées en 1932, seront réunies et publiées.

Petit bateau amarré à une jetée, Dunkerque, 1927
©Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN / André Kertész

Entre 1928 et 1935, le magazine Vu fait appel au photographe hongrois à de nombreuses reprises : pas moins de treize couvertures et trois quatrièmes de couverture seront signées par lui. Les sujets de ces commandes l’amènent à parcourir la France, nous offrant aujourd’hui une trace du paysage français des années 30.

Le magazine Vu est l’un des premiers grands quotidiens français donnant la primauté à l’image. La presse commence alors à ne plus concevoir la photographie uniquement comme l’illustration d’un texte et à lui réserver une place à part entière dans le traitement des sujets.

En 1936 André Kertész et son épouse Élisabeth partent à New York suite à la signature d’un contrat avec l’agence Keystone. Il peine à s’adapter aux demandes de l’agence. Ce contrat prend fin en 1937.

Commence alors une période sombre qui se ressent dans ses photos, desquelles se dégage un sentiment de solitude.

New York, juin 1937
©Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN / André Kertész

Il répond à des commandes pour Vogue, Harper’s Bazaar, House & Garden, mais son style très personnel n’est pas toujours bien compris.

En 1962, il se déclare à la retraite et décide de se concentrer sur ses recherches personnelles. Les perspectives urbaines de New York deviennent alors son sujet de prédilection. Il immortalisera Washington square à toutes les heures et toutes les saisons.
C’est à cette période que les musées commencent à s’intéresser à l’histoire de la photographie. Kertész ressort ses anciens travaux et récupère des négatifs qu’il avait caché en France pendant la guerre. Le monde découvre alors l’oeuvre incroyable produite en 50 ans par cet immigré discret qui devient alors célèbre internationalement.

Le MoMA l’expose en 1964, le Centre Pompidou en 1977. Cette même année Élisabeth décède et André crée à New York la fondation André et Élisabeth Kertész. Son coeur reste cependant attaché à la France et c’est à l’État français qu’il fera don de tous ses négatifs et travaux en 1984 avant de décéder un an plus tard à New York.

 

Liens utiles

Retrouvez toute l'oeuvre d'André Kertész

Sur le site du Ministère de la Culture >>

Sur ICP Muséum >>

Vidéo : Exposition "L'équilibriste, André Kertész" au Jeu de Paume, Tours >>

Vidéo : Andre Kertész in Paris >>

Vidéo : Masters of Photography: Andre Kertesz >>

Vidéo de l'INA : André Kertesz à New York >>

Vidéo de l'INA : Festival d'Arles 1976 avec interview d'André Kertész (à 2'10) >>

Exposition d'André Kertész au Jeu de Paume en 2010 >>

Vidéo : André Kertész au Jeu de Paume en 2010 >>

Article : André Kertész, virtuose de l'étrange (Le Monde, 2010) >>

Article : André Kertész, un nuage égaré dans l'univers de la presse (L'Humanité, 2012) >>

Article : Révisons nos classiques: André Kertész (Lense, 2013) >>

Article : Le photographe André Kertész, simplement moderne (Télérama, 2010) >>

Article : André Kertész, la photographie réflexive (Le Temps, 2010) >>

 

En savoir plus sur la photographie abstraite >>

 

 

Biographie de l'artiste

1894
Naissance le 2 juillet à Budapest.

1912
Achète son premier appareil photo, un ICA 4,5 x 6 cm et commence à photographier des scènes de rue.

1914
Enrôlé dans l’armée Austro-hongroise, grièvement blessé en 1915.

1917
Premières publications dans l’hebdomadaire hongrois Az Érdekes Újsàg.

1923
Diplôme d’honneur de la Société hongroise de photographie.

1925
Arrivée à Paris le 8 octobre. Il se fait enregistrer à la Préfecture de Police comme photoreporter.

1927
Première exposition personnelle à la galerie Au sacre du Printemps à Paris.

1928
Achète son premier Leica et commence les reportages pour le magazine VU.

1929
Participe aux expositions « Fotografie der Gegenwart » à Essen et à « Film und Foto » à Stuttgart.
Reçoit une médaille d’argent à « l’Exposition coloniale internationale » de Paris.

1931
Commence à publier régulièrement dans Art et Médecine.

1933
Épouse Erzsébet Salamon, qui prendra le nom d’Élisabeth Kertész.
Publie son premier livre « Enfants ».

1934
Publication de « Paris vu par André Kertész », avec un texte de Pierre Mac Orlan.

1936
Arrivée à New York le 15 octobre et signe un contrat avec l’agence Keystone.

1937
Son contrat avec Keystone prend fin. Travaille pour plusieurs magazines.
Première exposition personnelle à New York aux PM Galleries.

1938
Travaille pour les magazines House & Garden et Vogue.
Conçoit la maquette du livre « Death in the Making » de Robert Capa.

1944
Naturalisé américain.

1945
Publication de « Day of Paris », livre sur Paris d’avant-guerre.

1948
Missionné par l’ambassade de France pour photographier la campagne et les monuments français.

1952
S’installe dans un appartement sur la 5ème avenue, dont les vues sur Washington square et ses environs deviendront les thèmes récurrents de ses photos jusqu’à sa mort.

1962
Prend sa retraite pour se consacrer à un travail plus personnel.
Première exposition rétrospective à Long Island University à Brooklyn.

1963
Participe à la Biennale internationale de photographie de Venise, puis se rend à Paris où une exposition lui est consacrée à la Bibliothèque Nationale.
Reprend possession de négatifs cachés en France pendant la guerre.

1964
Grande exposition au MoMA de New York.

1965
Membre d’honneur de l’American Society for Magazine Photographers.

1971
Parution de « On Reading », publié en français sous le nom de « Lectures » (éd. du Chêne).

1972
Publication de « Soixante ans de photographie 1912 – 1972 ».

1974
Reçoit une bourse du Guggenheim pour restaurer les négatifs des Distorsions.
Publication de « J’aime Paris : Photographs since the twenties ».

1975
Publication de « Washington square ».
Invité d’honneur des VIe Rencontres internationales de la photographie d’Arles.

1976
Publication de « Of New York » et de « Distorsions ».

1977
Décès de son épouse Élisabeth.
Exposition rétrospective au Centre Georges Pompidou.
Création de The André and Elisabeth Kertész Foundation à New York.

1979
Travaux avec un polaroïd SX-70.

1981
Publication de « From my window », recueil de Polaroïds en hommage à Élisabeth.

1982
Grand prix national de la photographie décerné par le Ministre de la Culture à Paris.

1984
Donation à l’État français de ses négatifs, de ses archives et de sa correspondance (gestion de ces fonds par la Médiathèque de l’architecture et du Patrimoine).

1985
Exposition personnelle à Buenos Aires.
Décès le 28 septembre à New York.

Robert Doisneau et André Kertész à Arles, 1975
©Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN / André Kertész

 

 

Autour de l'exposition

La période que nous traversons nécessitant des propositions de médiations adaptées, le public aura accès pour cette exposition à une offre de médiation classique mais aussi numérique :

  • La Médiathèque Louis Aragon aménagera au 1er étage un espace dédié à la photographie en lien avec l’exposition pendant toute la durée de celle-ci.
    Accès libre et gratuit. Ouvrages à emprunter selon les conditions en vigueur.
  • Des conseils de lectures et des liens vers des reportages sur l’artiste et la photographie seront accessibles sur le site internet de la Ville et la page facebook Tarbes Culture.
    Tous ces liens renverront à du contenu gratuit facilement accessibles via smartphone, tablette ou ordinateur.
  • Si les conditions le permettent un atelier photo « noir et blanc » en lien avec le travail de Kertész sera proposé au mois d’août (nombre de place limité).
    Atelier payant, conditions d’accès et d’inscription communiqués ultérieurement en fonction de l’évolution de la situation sanitaire.

#inspirationKertész

Le public est invité à reproduire les scènes présentées dans l’exposition tarbaise ou à tester les modes photographiques chères à Kertész (perspectives, ombres, distorsions…) et les partager sur Tarbes Culture.

Les créations seront à envoyer par message privé directement sur la page facebook Tarbes Culture ou par mail à culture@mairie-tarbes.fr. Elles seront régulièrement publiées sur nos réseaux sociaux pendant toute l’exposition.

 

 

Les Estivales de la Photo 65

Les estivales de la photo 65 est un festival de photographie créé en 2019.

Né du regroupement en fédération de six clubs et associations de photo des Hautes-Pyrénées, il avait permis de faire découvrir de juin à août l’an dernier, sept expositions originales à Maubourguet-Madiran, Bourisp, Bagnères de Bigorre, Séméac, Argelès-Gazost et Tarbes.

C’est dans le cadre de cette première édition que la Fédération de photo 65 et la Ville de Tarbes avait monté l’exposition hommage à Willy Ronis, faisant le choix de proposer pour la première fois une exposition de plein air sur les grilles du Jardin Massey.

Pour 2020, toutes les expositions n’ayant pu voir le jour suite à l’épidémie, les Estivales ne proposeront pas d’expositions à Bourisp, Séméac et Argelès-Gazost. Toutefois quatre expositions de plein air, en plus de celle sur André Kertész, seront visible ente le 26 juin et le 30 septembre :

  • 26 juin au 7 septembre 2020 : « La cour des images »
Exposition annuelle de l’association tarbaise Photographie E qui se fera uniquement en extérieur avec huit tirages grand format. Rencontre avec les membres de l’association du 26 juin au 26 juillet les vendredis de 17h à 20h, les samedis et dimanches de 15h à19h. Fermé le 14 juillet
Entrée libre et gratuite
Ecole Louis Pergaud, 44 rue Abbé Torné, Tarbes.
Plus d’informations : http://photoe.free.fr
  • 1er juillet au 30 septembre 2020 : « 55 jours, 55 photos »
Tarbes animation offre une exposition inédite montrant Tarbes vue par les photographes de la Nouvelle république des Pyrénées et du service communication de la Ville, pendant les 55 jours du confinement.
Centre-ville, grilles de l’hôtel de ville et du Jardin Massey – rue Massey
Accès libre
Plus d’informations : www.tarbes-tourisme.fr
 
  • 25 juillet au 16 août 2020 : « Quinzaine de l’image 2020 »
48 expositions et plus de 600 photographies, dont une grande partie seront présentées à l’extérieur. Les invités d’honneur de cette 7e édition sont Sophie Pawlak et Floriane De Lassée.
Maubourguet et Madiran. Entrée gratuite.
Plus d’informations : www.peleyre.fr
  • 1er août au 30 septembre 2020 : « Déambulation photographique »
Exposition annuelle du Photo cinéclub bagnérais avec une petite déambulation composée d’une trentaine de tirage.
Rendez-vous devant l’office du Tourisme
3 Allée Tournefort, 65200 Bagnères-de-Bigorre
Accès libre
Plus d’informations : www.pccb65.fr
 
 
 
 
 
 
Infos pratiques
 
Localisation de l’exposition :
Jardin Massey,
rue André Fourcade,
65000 Tarbes
 
Adresse et contact de la Médiathèque Louis Aragon :
31 rue André Fourcade, 65000 Tarbes
05.62.44.38.98
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h.
 
Plus de renseignements sur l’exposition et la médiation :
Service coordination culturelle
Ville de Tarbes
05.62.44.36.94
culture@mairie-tarbes.fr
 
Plus de renseignements sur les Estivales de la Photo :
 
 
 
Ouvrages
 
"André Kertész, photo poche n°17" chez actes sud (disponible à la librairie des Beaux Arts à Tarbes)
 
" André Kertész, Marcher dans l'image" chez André Frère éditions (disponible au Méridien Culture)