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14/02/2020, administrateur Interview : Marie-Flore

 
Marie-Flore, vous n’êtes pas vraiment nouvelle sur la scène française puisque Braquage est votre 3è disque. Après de la folk, de la pop vous revenez avec un album en français aux sonorités hip hop, pop urbaine. Pourquoi ce changement ?
 
J’ai voulu faire un album plutôt éclectique et habiller les chansons en fonction du ton des chansons. J’avais envie de sonorités modernes et contemporaines.
 
Vous semblez issue d’une génération de jeunes femmes sans tabous qui n’a pas peur de parler de sexe ni d’employer des mots crus comme pourraient le faire des rapeurs masculins. On ne vous l’a pas déconseillé, en vous disant que vous ne passeriez pas à la radio ? 
 
Quand j’écris mes textes, seule dans ma chambre, je ne me mets pas de frein, je ne me demande pas comment cela va être reçu. Ensuite, lors des premières écoutes, je me suis souvent dit effectivement que ce n’était pas forcément le ton habituellement utilisé par une femme qui chante de la pop. Les retours étaient à chaque fois, surpris mais amusés. Mes textes sont dans l’ensemble poétiques et j’espère que c’est plutôt ça qui retient l’attention.
 
Je trouve que la chanson de Damso (que vous aimez bcp) « Macarena » fait écho à la vôtre « Bracage ».  Les relations hommes/femmes ne semblent pas beaucoup évoluer finalement, le machisme, la misogynie semblent encore bien présents ?
 
Concernant DAMSO, je trouve qu’il y a toujours une 2è lecture qui peut être apportée à ses textes qui apparaissent parfois abrupts au 1er abord. Moi aussi, en écrivant cette chanson, j’ai voulu être directe et je me suis emparée de ces codes. Les rapports de force peuvent aussi être inversés. Ils n’appartiennent pas qu’à une scène musicale ou un sexe bien précis.
 
Ces dernières années, des artistes comme C. Luciani, Suzane, Angèle, et bien d’autres ont fait apparaître une nouvelle génération qui fait pleuvoir comme des bombes les punchlines sur l’égalité des sexes tout en s’imposant dans l’industrie de la musique. C’est une révolution ?
 
Je dirais plutôt une évolution. On est encore très loin d’une certaine forme d’égalité dans l’industrie de la musique, la place des femmes y est encore en deçà de celle des hommes.
 
Pensez-vous justement qu’avec les autres artistes féminines vous allez parvenir à inverser la tendance ?
 
C’est important que les artistes de 1er plan s’emparent de ces questions et fassent bouger les lignes. Chacune doit apporter sa pierre à l’édifice. C’est un début…
 
 
Le 21 février vous vous produirez sur la scène de La Gespe. Nous sommes au pied des Pyrénées. Vous connaissez notre région ?
 
Oui, très bien. Une partie de ma famille habite dans le coin et j’y viens chaque année pour les fêtes de fin d’année ! Je suis donc ravie de revenir et d’être à Tarbes le 21 février.