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20/06/2018, WebmasterYvette Horner a quitté la scène, mais pas notre mémoire

95 ans … Une vie pleine, des moments magiques, des souvenirs indélébiles …  Plus de 2000 concerts … Yvette Horner a bien quitté définitivement la scène le 11 juin dernier. Son accordéon, sa chevelure flamboyante, ses robes démesurées « griffées » Jean-Paul Gaultier, la célèbre musicienne n’aura laissé personne insensible grâce à sa personnalité et à son talent « populaire ». Tarbaise de naissance, Yvette d’abord pianiste (élève au Conservatoire de la capitale bigourdane) s’est laissée convaincre par l’instinct de sa mère pour changer d’instrument : « Des accordéonistes femmes, il n'y en a pas et là, tu te feras une situation ».  La voix de la raison. Le succès fut rapidement au rendez-vous, et elle fut même la première femme à devenir championne du monde d’accordéon en 1948. En 1950, c’est même la consécration avec le Grand Prix international  d’accordéon et le Grand Prix du disque de l’Académie Charles Cros.  Yvette Horner a su enchaîner les succès avec plus de 30 millions de disques vendus, et en ayant travaillé avec les plus grands, dans des styles toujours aussi différents : Michel Legrand, Maurice Béjart, Quincy Jones, Boy George, David Bowie, Jimmy Sommerville, Julien Doré etc. La liste est longue. Non exhaustive. Infinie. Et bien entendu elle fut l’égérie de son ami, l’immense couturier français Jean-Paul Gaultier, qui fut à l’origine de son look et de sa coiffure légendaires.

Le symbole d’un Tour de France populaire

La musicienne tarbaise a participé à onze reprises au Tour de France de 1952 à 1963, en jouant durant la célèbre course cycliste sur le toit d’une voiture.  Elle aimait raconter cette époque : "C'est René, mon mari, qui a eu l'idée de me faire jouer sur cette magnifique épreuve, se souvenait-elle il y a trois ans. De 1952 à 1963, j'ai donc fait partie de la caravane. Coiffée d'un sombrero et assises sur une chaise fixée sur le toit d'une Traction, je jouais de l'accordéon sur tout le parcours et le soir, avant d'animer un bal, c'est moi qui remettais le bouquet au vainqueur."

Tarbes, toujours Tarbes

Yvette Horner n’a jamais oublié sa ville de naissance, dont elle était d’ailleurs citoyenne d’honneur depuis 2001. Elle y revenait plus que fréquemment, pour des concerts mais pas que … Gérard Trémège, maire de la ville, lui a rendu fréquemment hommage. Le foyer du Théâtre des Nouveautés (qui a appartenu à sa grand-mère) et une place de la ville portent son nom. Car Yvette Horner fait partie intégrante du patrimoine de la ville de Tarbes. Le jour de son décès, Gérard Trémège avait tenu à lui rendre hommage dans une vidéo diffusée par la Ville de Tarbes : « Je suis très triste car Yvette était mon amie, et je la regrette déjà ! J’espère que de là où elle est, elle verra que dans sa ville elle laisse une marque profonde. »